bg

Foniké

Projet de Studio Mobile à Conakry

Le Home Studio nomade de Conakry ! – Ulule.

Le contexte
Le projet de « Studio Autonome » est né de la rencontre avec un pays (la Guinée), une ville (Conakry) et les artistes du mouvement Hip Hop.

Mai 2012 : je débarque à Conakry pour participer au projet « Foniké 2012».
Durant un mois, nous avons quadrillé la ville à la recherche de ce qu’est devenu le rap dans la capitale.

De coin en coin… De ghetto en ghetto… Nous avons rencontré une foule d’artistes avec qui nous avons tourné des vidéos. Peu après notre arrivée est né le projet d’enregistrer une compilation. C’est à cette occasion que j’ai découvert les petits studios d’enregistrement. Souvent vétustes, avec un matériel qui fonctionne approximativement, il est difficile de travailler correctement.

Il existe bien des studios de qualité, mais ils sont trop chers pour que les artistes underground y accèdent et y travaillent plusieurs jours. Pourtant musicalement, travailler dans la durée est essentiel : il faut prendre son temps pour obtenir de la qualité, pour pousser le plus loin possible le travail avec l’artiste.
Travailler sur le long terme, c’est aussi professionnaliser les artistes.

Juin 2012 : un mois plus tard, je rentre en France avec l’intention de venir vivre prochainement en Guinée (octobre 2012) et mettre mon expérience au service de nouveaux projets.

Le projet
L’idée est de créer un home studio mobile adapté aux conditions du terrain (pas d’électricité en permanence par exemple). Du matériel léger mais de qualité. Pas besoin de lieu pour résider en permanence. Pas besoin de payer un loyer. Juste un équipement adéquat pour travailler de façon nomade dans la ville (et peut être plus loin…), tout en faisant des enregistrements de qualité.

A quoi va servir ce studio autonome ?
Au-delà de la possibilité d’enregistrer des titres pour une seconde compilation, le studio permettra la formation aux pratiques de studio, d’enregistrement et de prises de sons.

Le manque de matériel est tel en Guinée que même les personnes ayant reçu une formation scolaire dans le secteur n’ont pas accès aux machines pour mettre en pratique cet enseignement théorique.
Idem pour les artistes qui ont besoin de prendre le temps de finaliser leur production sans être pressés par le chronomètre avec l’obligation d’enregistrer en quelques heures, souvent sans conseils ni direction artistique.

Dans la durée, nous souhaitons travailler à l’accompagnement de projets d’artistes guinéens que nous avons rencontré lors de notre dernier voyage et que nous sentons prêt pour la production.

Le partenariat
Lors de notre dernier voyage, nous avons crée une association (ONG) qui porte le nom de « Foniké ». Elle est basée à Conakry, hébergée par le « Petit Musée », centre d’art géré par Raliatou Fifi Tamsir Niane, artiste et metteur en scène.
L’équipe qui a participé au tournage du film « Fonike 2012″ compose le Conseil d’administration (4 artistes guinéens et 2 français).

Le projet de studio autonome donnera lieu à des coproductions avec cette association locale, relais et passerelle du travail de nos structures en France.

Quelques notes sur le Hip Hop en Guinée…
Extraits d’un article écrit par Mouna B et Jackie Chan publié initialement par le magazine Radikal en septembre 2002.

Si rapper signifie bien lutter, alors le rap en Guinée est un combat continu.
Un combat contre la corruption généralisée, contre l’autorité militaire et son racket permanent, contre la démission des politiques en matière de jeunesse, contre l’analphabétisme, contre un système éducatif délabré et ses corollaires : chômage, délinquance, drogue, prostitution…
Autant de maux qui sont en passe de devenir les seuls repères de jeunes délaissés étouffés par un système politique motivé par son seul profit ; des jeunes qui se raccrochent au football ou à la musique par manque de perspectives, lorsqu’ils ne fuient pas vers l’Europe ou les Etats-Unis.

C’est à cette génération sacrifiée que les rappeurs guinéens s’emploient à redonner de la dignité et la force de construire eux-mêmes leur avenir. L’africanisme pour étendard et la vérité pour seule arme, ces jeunes artistes, à l’image des grands guerriers des anciens empires mandingues, s’engagent micro en main et avec l’aide de Dieu – dans la reconquête de leur pays et de leur continent.
[…]
Les rappeurs ont les poches vides, c’est ça le business du rap en Guinée. Face aux producteurs frileux, sous une température de 40°, face au BGDA (Bureau des Droits d’Auteur) qui ne contrôle pas les ventes d’albums et à des morceaux de rap censurés par la RTG (Radio Télévision Guinéenne), les rappeurs se retranchent dans l’autoproduction. Si l’absence de moyens, de soutien et le manque de studios poussent certains d’entre eux à l’exil, à quel avenir s’accrochent les 1500 groupes de rap qui continuent de lutter ?
Il y a 20 ans, sous le régime révolutionnaire et dictatorial de Sékou Touré, l’Etat produisait tous les artistes de Guinée répartis dans des orchestres nationaux et fédéraux. Pas question alors d’être contestataire. En 1984, sous la présidence du colonel Lansana Conté, l’Etat s’est désengagé et les maisons de production sont apparues pour exploiter ce « terrain vierge ». Les rappeurs, présents depuis 1988, n’ont le choix qu’entre une dizaine de producteurs, six à sept studios d’enregistrement mal équipés et quelques salles de spectacle pour tout le pays. Cette difficulté est renforcée par le contexte social. Le salaire moyen de la population est de 100 euros par mois. L’argent fait le trottoir avec la monnaie qui s’échange devant les banques. Sans oublier les coupures quotidiennes d’eau et d’électricité.

Les liens :
Notre site : http://www.thebside.org
Le projet Foniké : http://fonike.microscopik.com/

A quoi va servir le financement ?

Toute la collecte est destiné à de l’achat de matériel.
Nous avons besoin d’un ordinateur performant avec un logiciel audio, une carte son, un micro, un pied, des casques, des câbles… le tout doit rentrer dans une valise pour rester nomade !!

En finançant ce projet, vous contribuez donc directement à sa qualité !!

Et on insiste : il n’y a pas de petites contributions !! Tous les soutiens sont les bienvenus et c’est bien connu : c’est unis qu’on est plus fort ;)

A propos du porteur de projet

L’association

The B-Side œuvre depuis 10 ans à la transmission de la culture Hip Hop. Basée à Marseille, l’association a développé une connaissance du terrain qui lui permet de mettre en évidence la vivacité de cette culture contemporaine, riche de sens, porteuse de lien social, de rêve et d’imaginaire.

L’association s’active dans plusieurs champs d’activités et de recherche qui s’enrichissent et se complètent. Notre action consiste à développer des activités de formation, de création et de diffusion sur la base d’un engagement social et artistique.

Notre structure favorise des projets pluridisciplinaires : nous souhaitons insister sur la nécessité de la diversité et de la mixité des expressions artistiques. Nous mettons en avant un esprit proche du Hip Hop des origines, tel qu’Africa Bambaata l’avait imaginé : pacifiste. Avec son slogan “Peace, Love, Unity and Having Fun” et une consigne: “Get busy ! Moove ! ». Nous sommes là pour encourager les initiatives culturelles, l’expression artistique comme l’action citoyenne. Il s’agit s’introduire dans un mouvement, d’y prendre position et de s’exprimer.

L’expérience de l’association dans le domaine : Production musicale (1 album, 6 compilations distribuées nationalement et de nombreuses mixtapes de deejay) – Production audiovisuelle (2 films documentaire et 2 clips) – Evénementiel (Organisation de rencontres depuis 2005) – Promotion et communication (spécialiste du street-marketing pour des artistes locaux, nationaux et internationaux)

Il sera donc possible de fournir un reçu fiscal aux donateurs qui le souhaitent. Il vous permettra de défiscaliser 66% du montant de vos contributions au projet (voir les conditions dans les FAQ du site)

Queen, chargée du projet et future Conakryka

Je suis diplômée de l’Ecole des Beaux Arts de Marseille-Luminy et titulaire d’une Maîtrise d’Etudes Cinématographiques et Audiovisuelles.

Après un parcours de photographe dans le milieu du Hip Hop, je collabore à des courts-métrages (assistant réa, prise de son, montage) où j’apprend le métier pour finalement passer à la réalisation.

En 2003, je fini mon premier film, « By All Means Necessary », essai sur mon chemin dans la culture Hip Hop construit à partir d’archives personnelles.

En 2004, je réalise deux clips: « Money Sex Drogue et Délit » – Le Rat Luciano et Treiz L’Affreux et « Cocoss Style » – Costello.

En 2011, je termine mon second documentaire « Hip Hop Stories », un voyage au cœur de ma culture à travers des portraits d’artistes, acteurs de cette culture populaire.

Quand je n’oeuvre pas sur mes propres projets, je travaille sur les créations d’autres artistes ou monte des projets culturels. Et c’est comme ça depuis plus de 10 ans, au sein de The B-Side comme d’autres associations.

Tour à tour chargée de projet, directrice artistique, chargée de diffusion ou productrice exécutive, je sais changer de tablier au moment où il le faut !!